Rivendell

Histoires au coin du feu

Parce que conter fait aussi parti de mes passions, je dépose ici quelques unes des histoires que mon imagination m'a soufflée....

Quand minuit sonnera

le 24/01/2007 à 16h50

QUAND MINUIT SONNERA…………


Ce matin là, tout aurait pu être ordinaire, mais le soleil avait décidé de ne pas se lever. La Terre était plongée dans l'obscurité et chacun se demandait ce qui avait bien pu se passer.
Le ciel, portait d'étranges marbrures allant du mauve, au vert émeraude, tout en mouvances et vibrations.
L'air était chargé d'électricité, comme si tout allait exploser.


Lorsqu'elle ouvrit les yeux, ce matin là, Marie sentit que quelque chose s'était passé. Sa gorge se noua, elle était incapable de se lever, elle trouvait la tiédeur de son lit rassurante et l'idée même de poser un pied sur le carrelage froid, lui donnait la nausée. Quelle heure pouvait-il bien être? Le réveil, s'était arrêté sur minuit et elle n'avait plus aucune notion du temps.
Son chat miaula, d'une étrange façon, d'un son rauque et angoissant, comme si un danger était tapis dans l'ombre, quelque part dans la maison.
Marie, pensa qu'il devait y avoir de l'orage dans l'air, elle sentait une odeur de souffre qui planait autour d'elle. Il fallait qu'elle se lève, ne serait-ce que pour rassurer son chat qui miaulait de plus belle.
<< Elliot, Elliot, viens ici vilaine bête à poil! …Tu me donnes des frissons à pleurer ainsi… allez viens par ici mon minet! >>


Le chat ne broncha pas, il s'était réfugié tout en haut de l'armoire, dans la chambre d'amis. Du haut de son perchoir, son instinct lui intimait de ne pas bouger.
Elliot, était un chat noir au long pelage soyeux, avec de grands yeux verts en amande. D'un naturel plutôt calme, il menait sa vie de chat entre l'appartement douillé de Marie et les toits, aux tuiles rondes, qui étaient son terrain de chasse favori. Aujourd'hui, Elliot ressentait toute l'angoisse qui avait étreint le monde au cours de cette étrange nuit.
Peu avant minuit, alors qu'il promenait sa nonchalance féline, sur le toit de la maison d'à côté, il avait flairé dans l'espace que quelque chose était en train de changer. Même cet idiot de Gaspar, le chat roux de la boulangère, avait déguerpi sans demander son reste, alors que d'ordinaire il était prêt à toutes les bêtises sans avoir aucunes notions du danger.
Elliot, avait vu le ciel changer peu à peu.
La lune, qui était pleine et brillante dans la nuit d'été, s'était effacée petit à petit, comme si son cycle s'était accéléré. Lorsque qu'elle fut dans son dernier quartier, et qu'il ne resta plus qu'un fin croissant pas plus gros qu'un fil, le temps sembla s'être arrêté, et d'un coup d'un seul, il ne resta plus rien au ciel de ce qui fut cet astre merveilleux…. C'est alors qu'Elliot se mit à miauler, en écho aux plaintes de tous les chats du quartier…. Etrange concert de pleurs, que ces matous d'habitude si discrets, donnèrent à entendre aux humains endormis.


Marie, rêvait…
Elle était seule en pleine forêt, elle aimait souvent se balader ainsi écoutant au loin la plainte du vent. Ses pas l'avaient menée au plus profond des bois, là où personne ne s'aventure jamais, quand soudain, elle entendit quelque chose qui se cachait non loin. Une présence sournoise, la guettait, elle ressentit un regard de convoitise se poser sur elle. Sa nuque se mit en alerte, y faisant naître des frisons. Prise d'angoisse, elle se sentait perdue, dans cet endroit qu'elle trouva vite hostile. Les arbres immenses, aux troncs noueux, qui l'entouraient et les ombres changeantes du sous bois, rajoutaient de l'horreur à cette situation oppressante. Plus aucun oiseau ne chantait, l'air était si lourd qu'il en était presque palpable. Marie se mit à courir, s'écorchant les bras aux branches griffues des basses frondaisons. Le vent redoubla en violence, sifflant sa chanson effrayante, comme un hurlement, inlassablement. Des pas se firent entendre à sa suite, elle accéléra plus vite…..Encore plus vite.
Alors qu'elle croyait enfin atteindre l'orée, elle perdit l'équilibre et tomba sans fin dans un puits sombre. Marie, était à bout de souffle, son cri de terreur mourut au fond de sa gorge quand elle s'éveilla enfin en sursaut…….


Sur le toit, Elliot, pris conscience que le ciel prenait des teintes peu ordinaires. Le noir étoilé, fît peu à peu place à ces volutes fantomatiques en dégradé de mauve et de vert. D'aussi loin qu'il remonta dans ses souvenirs de chat, il n'avait jamais vu un tel phénomène. Non seulement la couleur était pour le moins étrange, mais en plus tout cela était en mouvement, comme entraîné dans un maelström immense. De temps à autre, un éclair palot irradiait vers la terre auréolant la ville en dessous, d'une lueur d'outre tombe.
Elliot, n'aimait pas du tout cela, même si sa condition de chat noir faisait de lui un être mystérieux, qu'on qualifiait parfois de maléfique, il commença sérieusement à avoir ce qu'on appelle la trouille!! Les autres chats, avaient depuis longtemps quitté les toits, quand minuit sonna au clocher de l'église. Même le son des cloches semblait avoir changé, il était étouffé, comme si un voile d'ouate les enrobait, c'était un bruit sourd, qui aurait glacé les plus courageux d'entre nous.
Au douzième coup de minuit, une odeur épouvantable de souffre se répandit sur la terre, annulant tout autre parfum. Elliot, perdit alors son sang froid, et la queue entre les jambes il détalla jusque chez lui….


Marie, se décida enfin, à sortir de son lit, elle frissonna et dût enfiler illico, sa chemise de nuit qui traînait par terre au pied du lit. La fenêtre, qui était restée ouverte pendant la nuit, battait au rythme des rafales de vent. Marie s'approcha pour la fermer, et ce qu'elle vit au dehors la laissa sans voix… Il devait être 8h30 et tout semblait vide, comme si l'humanité tout entière avait quitté la planète. Un sentiment de crainte se mit à battre dans sa poitrine, donnant à son cœur un tempo irrégulier. Le plus surprenant encore, c'était cette couleur inhabituelle qui enrobait tout, même les oiseaux qui nichaient dans le platane à côté, se taisaient. Marie avait la chair de poule, elle referma fébrilement la fenêtre et appela son chat.
<< Elliot, où es-tu? …Viens mon chat, viens! >>
Elle avait cru l'entendre au bout du couloir, elle se dirigea donc vers la chambre d'amis à tâtons dans le noir, car l'électricité ne fonctionnait plus, les fusibles devaient avoir certainement lâchés!!


Dans la chambre, Elliot attendait, les oreilles aux aguets, il entendait les appels de sa maîtresse, mais il était paralysé par le sentiment d'insécurité qui ne l'avait pas quitté depuis plusieurs heures à présent. Elliot avait les nerfs à vif, son poil se dressait et des tremblements irrépressibles le clouaient sur place. Un ultime miaulement, que la terreur rendait rauque, sorti avec peine de sa gorge, quand il perçut que quelqu'un tournait la poignée de la porte. Il tourna son regard émeraude, vers la fenêtre restée ouverte, mais il n'eut pas le courage de fuir. La pièce, avait pris les couleurs immondes du dehors, des volutes de souffre planaient dans l'atmosphère, à la limite du respirable… Elliot avait peur.. Une peur terrible qu'il n'arrivait pas à réprimer….. Lorsque la porte s'ouvrit enfin, il émit un long râle d'angoisse à vous glacer le sang…


Marie, le cœur battant, venait de poser la main sur la poignée de porte de la chambre, lorsqu'elle entendit Elliot pousser un miaulement sinistre. Elle n'était pas rassurée d'entendre que son chat avait l'air aussi désespéré qu'elle, car depuis toujours, elle était persuadée que le sixième sens des chats, leur permettait de décoder les mises en garde que la nature leur envoyait. Si Elliot, avait peur, c'était sans nul doute que quelque chose d'anormal était en train de se passer, il fallait à tout prix qu'elle le rassure, elle ne supportait pas l'idée de le savoir aussi désemparé de la sorte. Pour ne pas l'effrayer plus encore, elle ouvrit le plus doucement possible la porte et entra dans la pièce, qui était éclairée par les lueurs fantasmagoriques du ciel…. Elle suffoqua, tant l'odeur de souffre était atrocement dense, et eut à peine le temps d'entendre le râle qu'Elliot avait émis, avant qu'il ne se jette sur elle.


Elliot ne fit qu'un seul bond. Son corps était tendu comme un arc prêt à se rompre, les poils hérissés les griffes sorties, il atterrit sur le dos de sa maîtresse en crachant sa rage de chat apeuré. A coup de griffes, il lacéra les bras et les épaules de Marie, déchirant au passage la chemise de nuit. Il n'était plus que furie, un démon sorti tout droit des enfers, une bête traquée qui se défend avec rage. Dans sa folie meurtrière, il oubliait qui se tenait sous la morsure de ses griffes, sans relâche il agitait ses pattes en tout sens, épuisant sa hargne et sa folie…..


Marie, eut juste le temps de protéger son visage, avant de se plaquer au sol. Elle sentit les griffes s'enfoncer profondément dans sa chair, abîmant, lacérant sa peau mise à nu… Elliot était devenu fou, l'air chargé de souffre l'empêchait de respirer, elle suffoquait, incapable de résister à l'assaut de la bête en furie…Elle poussa un dernier cri, avant de perdre enfin connaissance……


Lorsqu'elle ouvrit les yeux, Marie n'était plus que douleur, ses bras et ses épaules portaient les marques de griffures sanguinolentes…. Chose étrange, elle ne reconnaissait pas l'endroit, comme étant la chambre d'amis… Il faisait sombre… Elle avait froid… Pas un son ne venait perturber le silence, si ce n'est la plainte du vent…. Où était-elle? …Où était Elliot? …. Elle tendit la main devant elle, et toucha quelque chose qui ressemblait à de la roche. La pierre était dure, froide et humide et son contact lui fit froid dans le dos. Elle était étendue, dans une sorte de puits étroit, le regard levé vers un ciel aux couleurs étranges. Le sang, qui avait voilé ses yeux d'une aura écarlate, se mêlant à l'azur, lui donnait des reflets mauves et changeant. Elle abaissa ses paupières, afin de reprendre ses esprits et d'essayer de se rappeler ce qui avait bien pu se passer. Elle avait souvenir, d'un matin, des appels angoissant d'un chat, de la noirceur d'un couloir, d'une porte close, d'une odeur de souffre et de la douleur sur sa peau. Elle chercha à comprendre de longues minutes, tomba encore en sommeil et en sursaut se réveilla enfin…………


Elle se souvenait….. De cette balade solitaire en forêt, de ces bruits derrière elle, de la fuite, de la griffure des branches à travers les fourrés et de sa chute interminable et puis…..plus rien….
Le vide… La nuit … Le rêve… Tout ceci n'était qu'un songe, le ciel avait gardé sa couleur naturelle, le chat n'existait pas, le souffre s'était évaporé….
Doucement, elle sentit qu'elle respirait à nouveau plus légèrement, la douleur cuisante de sa peau n'était rien à côté de ce qu'elle éprouvait dans son corps. Elle était cassée, pouvait à peine bouger, comment allait-elle sortir de là? ….
Le jour passa, long et monotone. Elle lançait parfois des appels dans le vent, espérant que quelqu'un l'entende et que l'on vienne la sauver… Mais le silence n'était troublé que par le bruissement des feuilles et le chant des oiseaux.
La nuit arriva, levant sa lune bien haut. Le vent cessa… Les oiseaux se turent… Ce fut le silence et le début d'une nouvelle angoisse………………………………………..

………………………………………
Tapi dans l'ombre, la bête attendait…
Patiente et Cruelle aux aguets………
Son souffle rauque crachait…………
Sa haine et sa voracité………………
Minuit a sonné dans la vallée………
Au douzième coup, il s'est levé……..
Lentement, à pas feutrés,…………….
Il s'est laissé glisser…………………
Près d'elle, pour la dévorer………….
……………………………………… FIN



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L'Albatros

le 07/01/2007 à 10h46

L'ALBATROS

 

 

 

 

Je suis un oiseau.

Un grand oiseau blanc, porté par le souffle du vent.

Mes ailes déployées, je vole jusqu'au firmament, en me laissant flotter au milieu des nuages.

Viens, viens avec moi, je te montrerais comment faire, pour atteindre le ciel.

Viens, donnes moi la main, je t'emmène  au pays d'où je viens.

Là bas, tu verras, tu t'élèveras, encore plus haut que la cime des arbres, tu te feras léger comme la bise et tu voleras avec de belles ailes blanches au-dessus des nuages.

Viens, n'ai pas peur, je suis là, je vais te guider, je connais tous les chemins tracés dans le ciel, je te les apprendrai.

 

 

 

 

Je suis un oiseau.

Mon plaisir, c'est voler, et aujourd'hui, je t'emmène avec moi.

Laisses toi aller, je vais t'aider.

Fermes les yeux, sens mon souffle à ton oreille et laisses toi faire, n'ai pas peur de moi, je ne suis qu'un oiseau aux ailes blanches.

Oui, je sens que tu es prêt à voler avec moi. Regardes, tu flottes déjà, et ne sens-tu pas deux petites ailes pousser dans ton dos? Elles sont belles, elles te mèneront où tu voudras.

Viens, suis-moi. Je vais te faire voyager, dans des contrées dont tu ne soupçonnais même pas l'existence.

Oh, tu trembles? …Mais ce n'est rien, tu vas voir, on s'y fait, voler n'est pas sorcier. Regardes, laisses-toi flotter, le reste se fait tout seul, c'est ton esprit qui t'élève, ais confiance en lui.

Allez viens, prends ma main.

Tu vois cette lumière au loin, c'est là bas que nous allons, elle est belle n'est-ce pas?

Le chemin est long jusqu'à elle, avant d'y arriver, je te montrerais des merveilles.

 

 

 

 

Je suis un oiseau. Toi aussi.

Je savais bien, que tu aimerais voler prés de moi.

Viens, frôles-moi du bout de ton aile. Sens-tu la douceur de ces belles plumes blanches?

Regardes juste en dessous de nous, il y a une belle étendue de nuages. On dirait un champ de coton, moelleux et doux comme la peau des bébés.

Suis-moi, on plonge dedans! … On fait des cabrioles, sans se soucier de savoir si on n'a plus l'âge de faire ça. C'est bien non? J'ai toujours adoré faire ça, je suis contente que cela te plaise aussi. Ces nuages sont vraiment très doux, j'en ai rarement vu d'aussi tentant, jouons un peu, comme si nous étions encore des enfants. Ces boules de coton blanc, sont vraiment exquises, regardes comme nous nous enfonçons dedans.

Quoi, ça mouille!! Evidemment, ne savais-tu pas que les nuages sont l'esprit de l'eau? Aurais-tu peur de l'eau? …Viens, remontons, au-dessus, là où le ciel est bleu, le soleil nous réchauffera et fera sécher nos jolies ailes d'oiseaux.

Attends-moi, tu vas beaucoup trop vite…prends ton temps…nous ne sommes pas pressés, il y a tant de choses à voir encore.

 

 

 

 

Nous sommes des oiseaux.

Je t'entraîne avec moi dans le ciel. Dis donc, tu y prends goût!

J'aime te regarder voler, tu es libre d'aller où tu veux maintenant, mais j'aimerais que tu restes prés de moi, je ne t'ai pas tout montrer et le voyage n'est pas terminé.

Viens, descendons vers ce fleuve que l'on aperçoit en bas. Son cours, brille sous la lumière du soleil, il serpente dans le paysage vert de la forêt.

Ecoutes, le bruit du vent qui s'emmêle dans les branches des arbres, on dirait qu'il chante sa mélopée d'Amour à la nature en éveil. C'est beau, n'est-ce pas, le bruit du vent? …Avais-tu déjà fait attention avant, que cette mélodie a le pouvoir de t'emporter aussi haut que les ailes à ton dos?

Voles, fermes les yeux, et ressens tout ce que le vent porte en son sein. Il t'offre le souffle de la vie, il te porte sur son courant tiède, il t'élève et tu es bien au creux de lui.

Donnes-moi ton aile, laissons-nous porter, on verra bien où le vent nous emmènera. Regardes, nous suivons le fleuve, déliant les courbes, contournant les boucles, nous glissons vers cette grande étendue de clarté que l'on aperçoit au loin.

Oui, c'est l'océan…. Il nous appelle, viens, tu va voir comme c'est beau là bas.

Regardes, l'écume à la crête des vagues, on dirait que l'Océan veut ressembler au ciel, en faisant naître des nuages salés.

Viens, suis moi et frôlons cette mousse blanche du bout de nos ailes, en prenant garde de ne pas plonger. C'est excitant d'approcher le danger, mais n'ai pas peur, je ne te laisserais pas submerger par la fureur de la houle. Avec moi, tu ne crains rien, je contrôle les éléments, c'est mon rôle, je suis un oiseau venu de la lumière, ne l'oublie pas. 

 

 

 

 

Nous sommes des oiseaux.

Viens, remontons au-dessus des nuages. Approches-toi de moi, que de mes ailes j'ôte le sel de ton plumage. Tu es devenu un bel oiseau, je suis fière de toi, je n'en attendais pas moins, je savais que tes ailes te porteraient haut.

Viens, allons ensemble à travers le ciel qui se voile d'ombres. N'ais pas peur c'est la nuit qui vient. Lorsque le soleil sera couché, la lune viendra veiller sur notre vol, tu verras comme elle est belle aussi.

Le soleil est bas sur l'horizon, il projette une aura de feu sur la surface de l'Océan. Si on la survole, nos ailes semblent s'embraser, prenant la couleur incandescente de l'astre de jour qui s'endort. Nous devenons Phœnix, nous renaissons pour la nuit qui s'approche.

Tu as froid? ..Viens plus près de moi, je te réchaufferai de mon souffle tiède et te ferai un abri de mes plumes.

Regardes, la lune est là. Elle ne tarde jamais, pour venir éclairer de sa lueur fragile, les voyageurs tels que nous.

Jouons encore à voler dans le ciel, le temps que les étoiles s'allument une à une. On dirait que le ciel se pare de mille étincelles, pour éclairer notre route.

Allons vers cette île dont on voit la silhouette au loin, nous nous y poserons pour passer la nuit à rêver. Tu voles autour de moi et je te caresse du bout de mes ailes. Nous goûtons l'instant d'un vol l'harmonie de deux Âmes qui se connaissent. Ne dis rien, profites juste de ce moment magique à nul autre pareil. Nous sommes oiseaux, à tire d'ailes, nous allons vers la lumière, suis-moi, je t'emmène….

 

 

 

 

Je suis un oiseau. Toi aussi.

Posons-nous à la cime des arbres, ils nous feront un écrin pour bercer notre nuit.

Viens blottis-toi contre moi, l'un contre l'autre nous aurons moins froid. Tu t'endormiras en écoutant le bruit de mon cœur et, nos ailes se mêleront jusque dans nos rêves.

Laisses-toi, aller, la nuit nous enveloppe et la lune veille sur nous.

Entends-tu les oiseaux de nuit qui prennent leur envol, ils entament une chasse nocturne, laissons-les, nous ne craignons rien, nous ne sommes pas leurs proies.

Viens, pose ta tête sur mon épaule et dormons. Demain, nous continuerons notre voyage.

Fais de beaux rêves, mon bel oiseau, que ta nuit soit douce.

 

 

 

 

Sous le regard tendre de la lune, les oiseaux aux belles plumes blanches s'endormirent enlacés. Dans leurs rêves, ils se rejoignirent pour voler encore, se caressant du bout des ailes dans le souffle du vent.

L'aurore les trouva blottis l'un contre l'autre et leur insuffla l'éveil en douceur.

Au premier rayon de soleil, ils se retrouvèrent les yeux dans les yeux, savourant la présence de l'autre.

 

 

 

 

Je suis un oiseau. Toi aussi.

As-tu bien dormi? ….Oui, moi aussi, j'ai rêvé de Toi, tu étais dans mon rêve et nous volions ensemble.

Viens, continuons notre voyage. Le soleil s'est levé sur l'horizon, il nous montre le chemin, ce soir nous atteindrons peut-être le rivage.

Allez, suis moi, on y va!

Regardes comme tu as pris de l'assurance, hier encore, tu avais peur du vide, aujourd'hui tu voles haut, sans te préoccuper de l'immensité qui nous entoure.

Nous sommes libres, j'aime te sentir prés de moi, cela me rassure. Voler seule, ne m'a jamais plut, avec toi, le voyage est un rêve facile, qui s'écoule comme une caresse sur la peau.

Sens-tu l'air qui fraîchit? Nous approchons des montagnes couronnées de neiges éternelles. La blancheur immaculée irradie sa lumière jusque dans le ciel.

Planons un peu au sommet de ce pic, qui semble faire le guet, sur le paysage sauvage qui s'étend à ses pieds.

Viens suis-moi, je vais te montrer un endroit magnifique, caché au bout de cette vallée. Longeons l'à pic, n'ais pas peur de tomber, tes ailes te portent, ton esprit t'élève, bientôt tu verras l'une des plus belles choses que la nature donne en cadeau.

Regardes cette cascade, qui dégringole de la montagne. Elle n'a pas de nom, parce que nul homme ne l'a encore contemplée. Elle est juste là pour toi et moi, buvons l'eau qu'elle nous offre, il n'y a rien de plus pur pour étancher notre soif.

 

 

 

 

Nous sommes des oiseaux.

Viens, reprenons notre vol et montons au dessus des nuages. J'aime cette blancheur qui s'étend jusqu'à l'horizon.

L'horizon! T'es-tu déjà demandé ce qu'il y avait de l'autre côté?

Et bien moi, j'y suis allé…. Il y a un monde pareil à celui-ci, mais il y fait toujours beau. Le souffle du vent y est plus doux, la pluie bien plus chaude et l'air plus pur qu'en tout autre endroit. D'autres oiseaux y vivent en parfaite harmonie, dans la clarté qui inonde tout. Chacun de nous, aura la chance d'aller là bas le moment venu. Il ne faut pas précipiter les choses, juste prendre son temps et profiter de chaque instant de bonheur.

 

 

 

 

Tu es un oiseau. Moi aussi.

A présent, c'est moi qui te suis. Emmènes-moi au bout du voyage. Laisses ton cœur te dicter le chemin. Depuis le début de ta vie, il est inscrit en toi, voles et tu sauras par où il faut aller, moi je te suivrai.

Quoi? Tu veux que l'on reste encore un peu ici pour voir encore d'autres choses? Mais bien sur, je suis d'accord, continuons le voyage ensemble, la lumière attendra encore un peu…… Encore un peu……

 

 .*´¨ )

¸.•´¸.•´¨) ¸.•*¨)

(¸.•´ (¸.•´ .•´ : (´¸.•*´¯`*•--> Emmènes-moi....

 

 

 

 

 

 

 

 

Oiseau de paradis

Tel l'Albatros blanc

Emportes-moi loin d'ici

Vers le firmament

 

 

Voles mon bel oiseau

Sur les ailes du vent

Part delà les roseaux

Au dessus des océans

 

 

Je te suivrai encore

Jusqu'au bout du voyage

De nos corps à corps

En buvant ton visage

 

 

Oiseau blanc délicieux

Emmènes-moi là bas

Jusque dans les cieux

Et soyons heureux ici bas…..

 

 

 

 

 

 

O * O * O * O * O * O * O * O * O * O * O * O * O * O * O * O * O * O * O  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Statue K.O.

le 23/11/2006 à 17h52

 


 

 



Pas loin de chez moi, se trouve un jardin merveilleux, niché au pied d'un rocher, qui le protége du vent violent qui souffle parfois ici. Dans cet écrin de verdure, poussent des plantes d'ailleurs.. Au détour de ses allées, on y trouve de petits trésors cachés…


Une fontaine couverte de mousse, qui dégueule son eau cristalline dans un bassin où viennent s'abreuver les oiseaux…


Un arbre au tronc noueux, qu'on pourrait prendre pour un esprit des bois, tant les marques du temps lui ont dessiné des sillons pareils aux rides d'un vieil homme…


Un banc lové dans un bosquet d'épineux, pour cacher les amoureux qui viendraient s'y poser, à l'abri des regards indiscrets.


Une statue, belle et droite, le regard tourné vers la mer en contrebas…


 

 



Cette statue, a son histoire, elle n'est pas là par hasard, car rien n'est hasard….


C'est une statue de femme, on dirait presque qu'elle respire, tant l'Artiste a mis du cœur à l'ouvrage…


L'Artiste est un Homme, seuls les hommes sont capables de créer une Œuvre parfaite, d'un modèle qui fut vivant autrefois.


Son "Œuvre", il l'a modelée à coups de burin bien placés, un petit coup par-là, un autre un peu plus bas…patiemment, il avait tout son temps….


<< Lèves la tête, je ne vois pas tes yeux….Mais souris donc, tu as l'air triste….Non pas comme ça, ton épaule, mets-la plus en arrière…ne bouge plus, enfin…mais écoute ce que je te dit!.>>


A force de coups répétés, la femme s'est effacée pour disparaître un peu plus à chaque passage de l'outil si bien manié…Elle a senti que quelque chose changeait, si elle avait su peut-être aurait-elle résisté, mais comme elle était faite d'Espoir elle a gardé confiance. Le solide a remplacé la chair… la statue est enfin née…


 

 



La voilà maintenant dans sa gangue de pierre où persiste à battre un diamant pur.


Dure, sa peau qui jadis goûtait la simple caresse du vent!


Dur, son regard qui se perd dans le bleu des flots à ses pieds!


Dur son cœur, fait pourtant du minerai le plus précieux qui soit!


Tout n'est plus que dureté et pourtant….


Elle ressent encore la chaleur du soleil, quand ses rayons daignent effleurer sa peau de caillou.


La pluie vient parfois laver son chagrin, érodant un peu plus chaque fois son immatérialité. Elle en boit les gouttes, mais n'apprécie plus son nectar. Elle a perdu la Saveur et plus encore.


Le sel des embruns, attaque ses contours, effaçant les traces qui restaient d'elle, laissant à la place des paillettes qui scintillent au soleil.


 

 



Elle se souvient du temps où, Femme elle était en corps. Elle maudit l'Artiste de l'avoir pétrifiée à jamais. Il a fait d'Elle une chose immobile et  docile. Si les gens la regardent, ils ne voient que l'illusion du bonheur figé dans son sourire de roc. Ils croient ce qu'ils veulent voir, mais ils ne savent pas..


<< la jolie statue que voici, elle est juste à l'endroit où il faut, dans ce beau jardin qui lui fait écrin>>


Mais la statue, voudrait leur crier qu'ils se trompent, que les apparences ne sont que façades. Elle sent son cœur de diamant qui palpite, elle observe tous ces gens qui posent des regards sur ce qui reste d'Elle. Elle voit que certains pourtant se posent des questions. Il y a des gens qui savent encore regarder au-delà des apparences, qui comprennent dans les non-dit. Il y a des gens plus sensibles que d'autres, qui d'une statue en voient l'Âme.


 

 



Ainsi, un jour où le soleil brillait petit, est venu un visiteur. Il s'est allongé sur le banc, juste en face, et à savourer l'instant d'être seul, dans ce petit coin reculé, c'était un rêveur.


Il ne s'est pas aperçut de suite qu'Elle était là. Il faut dire, que depuis le temps qu'elle était en place, la nature avait fait en sorte qu'on la confonde aux feuillages. Puis, l'homme l'a regardé, il a sans doute vu qu'elle avait quelque chose de particulier. Il n'a pas su ce que c'était, les hommes manquent parfois de discernement, mais il fut intrigué et resta planté là à s'interroger.


Elle, sans pouvoir bouger, le regardait aussi, elle pensait qu'il était un peu spécial, pour un peu, elle aurait souri d'avantage si ses lèvres n'étaient pas paralysées pour l'éternité.


L'homme s'est levé, il s'est approché et l'a touchée…dessinant les contours de son visage, il a suivit les courbes, que l'Artiste avait polies, de sa gorge jusqu'à son cœur.


La statue en fut surprise, mais ne pouvait bien sur rien exprimer. Elle se laissa faire, elle n'en avait pas le choix, et le Diamant, par trop d'émotion, s'est fissuré, laissant une toute petite goutte de sang perler dans son corps. Etait-ce le début de la vie?……


Soudain, l'homme eut une drôle d'idée, il déposât un baiser sur  les lèvres de pierre. Contact froid sur la douceur de sa bouche, il crut discerner, un bref instant qu'Elle était en vie.


De son cocon stérile, la statue accoucha d'une larme. Une seule larme, qui coula sur sa joue.


L'homme s'en aperçut, mais crut que c'était la pluie qui venait gâcher son après midi.


Il ramassa les affaires, qu'il avait déposées sur le banc et s'en alla avant que l'averse survienne….Il se dit << quand même, c'est étrange, cette goutte de pluie alors qu'il fait soleil.>>


 

 



La goutte de sang, a séché à l'intérieur, donnant au diamant la couleur d'une rose. Du rose dans le gris de la pierre. Du rose pour devenir veine de marbre, dont on fait les statues…encore plus dur…dur comme les montagnes.. Dur comme l'éternité.


La statue, est resté clouée dans son bosquet… Elle maudit l'Artiste… elle attend le Visiteur… Le regard tourné vers la mer, les yeux plongés dans l'écume qui frappe les rochers… il fait doux dans ce jardin caché…Et Pourtant


 

 



Ce jardin existe, il y a bien des trésors aux détours des allées…Une fontaine, un arbre, un banc…


Quant à la statue, elle existe aussi, mais peut-être pas pour longtemps, parce que l'érosion de la pluie poursuit l'œuvre de l'Artiste…Il a sculpté, elle efface.


L'Artiste, il s'en fout, il est parti depuis longtemps, emportant ses outils pour façonner d'autres œuvres sans doute,  et il n'y a plus d'intérêt à parler de lui.


Le Visiteur, je n'en sais rien, peut-être reviendra-t-il, mais sans doute pas….Qui peut savoir, l'Espoir joue des tours??


 

 



FIN


 

 



 


 

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